Negro Moment….

Ce billet est censé être un coup de gueule, mais comment garder mon air sérieux et dépité alors que la source d’inspiration du titre m’arrache des rires d’hystérie et me fait prendre conscience de ma perception unique du monde dans lequel je gravite.

Déjà mise en situation. L’expression Negro Moment vient d’un manga d’animation connu sous le nom « The Boondocks ». L’un des personnages (dont je suis Fan à cause de sa perspicacité) le jeune Huey décrit cette situation comme  – – -> un moment où l’ignorance s’empare de l’esprit d’un négro logique et rationnel, le poussant à agir de façon illogique, auto-destructive à cause d’une situation d’énervement ou colère qui aurait pu être évitée si le bon sens et la raison avaient été sollicités.

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image crédit #The_Boondocks

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Vous vous demandez sûrement mais c’est quoi le rapport avec son coup de gueule. J’y arrive un peu de patience, de mon expérience perso le service clientèle au Cameroun c’est juste du gros n’importe quoi ! Du coup les « Negro moment » avec tous ces professionnels qui au fond ne connaissent ou ne maitrisent pas les basiques de leur métier; sont quasi inévitables. J’avoue ne pas être patiente de nature mais waouh l’expression « Le Client est ROI » n’est qu’une belle arnaque qu’on nous sert pour nous appâter ou nous entuber #choisissez ce qui vous plaira#. Quelques exemples de scènes « Negro moment » version 237:

Scène 1 : Guichets de banque

Une vraie torture surtout si le pseudo professionnel derrière le guichet prend 15 à 20 bonnes minutes pour servir chaque client – soupirs—la simple opération de versement devient l’attente d’un condamné à mort (et encore je reste polie). Après deux heures dans cette file yeah c’est mon tour me dis-je enfin, mais en fait ça n’engage que moi, la jeune dame derrière son guichet décide de servir une femme enceinte. Ok c’est de bonne guerre. 20 min plus tard, elle décide encore de me faire attendre pour servir trois retraités venus toucher leur pension retraite et me balance un truc du genre : « Vous allez attendre les personnes du troisième âge sont prioritaires » avec une bonne dose de dédain. En mon fort intérieur, si c’est une manière de t’excuser tu peux mieux faire. Et puis je le sais qu’ils sont prioritaires entre temps tu peux traiter leurs demandes entre 02 clients. Bref je retourne tête baissée dans le rang en murmurant des gros mots (mouais et alors). Enfin lorsqu’elle décide que c’est mon tour, c’est pour une histoire de monnaie que je perds mon sang froid.

  • Madame sur le bordereau de versement il est écrit 155 500frs. Vous me donnez 160 000frs. Je n’ai pas de monnaie pour vous rembourser.

Moi fixant la vitre qui me sépare d’elle, et qui semble lui concéder le pouvoir de Reine de glace dans sa tour.

  • Excusez ceci est bien une banque, comment se fait-il que vous n’ayez pas de monnaie ? Et que suis-je censée faire ? osai-je lui demander.
  • Madame je vous répète, soit vous allez chercher la monnaie pour le montant exact de votre versement. Soit j’encaisse 160 000frs.

Negro moment enclenché. Les paroles qui ont suivi, sont trop scandaleuses pour être retranscrites. Il a fallu que ce soit un de ses supérieurs hiérarchiques qui devant mon exaspération vienne intervenir et lui rappeler la sacrosainte citation « le client est Roi ». En tout cas celui qui a eu l’idée géniale des vitres aux guichets doit être béni, non mieux canoniser car les victimes de violence pour non professionnalisme seraient dénombrées au quotidien. C’est moi qui vous le dis smhh…

Scène 2 : Devant une caisse enregistreuse d’un magasin.

L’expression patibulaire de la caissière ne me laisse rien présager de bon. Malgré tout je décide d’afficher un air jovial et je décoche un « Bonjour Madame ». Pas de réponse. Bien fait pour ma gueule je suis plus polie que qui lol.

Ok t’es pas d’humeur, mais bon un peu de sérieux dans ton travail pas la peine de me surfacturer un produit.

  • Svp il y a une erreur je n’ai pas pris deux produits mais un seul.
  • Madame, vous n’allez pas m’apprendre à faire mon travail.

**Respire Tootoone**.

  • Vous savez ça ne vous coûte rien de vérifier mes achats sont encore devant vous.
  • Madame il y a d’autres clients hein ! Payez-moi.

Wandayance* extrême !                          (*wandayance : expression locale synonyme d’étonnement)

  • Désolé, mais il est hors de question que je paie pour un produit en plus.

Negro moment enclenché. Les autres clients s’en mêlent pour lui faire comprendre qu’elle est en tort. Et comme toujours il a fallu que ce soit son patron qui la sermonne pour qu’elle retrouve un brin de raison.

Scène 3 : Dans un restaurant de place.

Au moment de prendre nos commandes, un serveur très peu concentré sur ses obligations professionnelles s’emmêle les pédales dans nos menus. De bonne guerre je décide gentiment de l’aider en répétant les commandes vu que mes amis eux s’exaspèrent devant son attitude. Première faute ! Et la soirée promettait d’être longue.

Instant tant attendu du service, le jeune homme dépose n’importe comment les différentes commandes et lorsque la remarque lui est faite, voici la réponse qui tue :

  • Ce n’est pas mon problème hein, chacun n’a qu’à reconnaitre son menu et le prendre ça vous coûte quoi.

Wandayance générale.

Et pour pousser le vice tous les menus ne sont pas servis au même moment. Du coup certains refroidissent en attendant krkrkrkr. Jusque-là je trouve la situation drôle, mes amis pas du tout. Bref finalement bon « Môsieu » décide de servir le reste des commandes avec la même maladresse évidemment. A peine avons-nous commencé de diner qu’il revient avec l’addition et se tient là comme un poteau sans bouger. Ça devient cocasse comme scène, un ami terriblement exaspéré lui demande ce qu’il attend. Lui de répondre avec désinvolture et une pointe d’agacement :

  • Veuillez régler la facture, j’ai terminé mon service vous êtes ma dernière table. Je dois rentrer chez moi.

Question : en quoi la gestion de ton planning de travail ou mieux tes soucis existentiels nous intéressent-ils ?

Negro moment \part 1/ enclenché. Après un échange de paroles bien âpres, nous finissons par régler l’addition juste pour ne plus voir sa tête de négatif. Un bon quart d’heure plus tard, d’autres amis nous rejoignent et devinez qui vient se pointer pour prendre de nouveau les commandes mdr. Bref ce fût le part 2 du Negro moment.

 

Des situations pareilles, je pourrais en citer à la pelle. Elles ont juste le don de vous faire vivre un moment d’énervement dont on se passerait volontiers si comme je le disais plus haut la sacrosainte conception du Client est Roi était respecté ou du moins un chouya appliqué. Allez quoi ces « professionnels » du métier devraient penser soit à un recyclage soit à une reconversion. Sinon un de ces quatre il risque avoir des morts c’est moi qui  vous le dis.

 

Tootoone.

 

 

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