¤ I Am Not A VicTim ¤

Un homme est entré chez moi et m’a cambriolé. Il a dérobé ce qui était à moi, des affaires de femme peut-être pas glamour et de la dernière mode, mais elles étaient à moi. Et il n’a même pas laissé un mot pour me dire Désolé… Mais suis-je bête un voleur ça ne s’excuse pas ; tant qu’à y faire il aurait pu m’envoyer un préavis : « Salut je suis X et je passerai te cambrioler ». Je sais c’est cynique mais je ne m’en excuserai pas. Cependant persiste en moi une question, qu’allait-il bien pouvoir faire de mes affaires qu’il ne trouvait jamais à son goût, trop insipides ou parfois trop colorées dans un marché de consommation où régnait la profusion ?

Non mais sérieux mec qu’est-ce que tu vas faire avec mes affaires ? T’es pas un travesti à ce que je sache, non certainement pas vu que tu répètes tout le temps : « Je suis un homme, un vrai ! ». Mais purée ce sont mes affaires, et j’en ai besoin ! Je me sens belle, forte et confiante en les portants. Mon sourire, mon estime de moi, ma féminité, mes émotions, mon potentiel, tels que la création divine l’a voulue : Oui ce sont mes affaires … Oui elles m’appartiennent !

C’est à toi que je m’adresse voleur, tu as pris mon rire et tu m’as donné des pleurs, tu as caché le soleil de mon existence pour y faire régner des nuages gris et lourds. Tu as bafoué mon corps, ce temple sacré que je réserve à l’élu de mon cœur. Tu as brisé en moi chaque fibre de mon être qui me rappelait mon humanité au point de me réduire à une pauvre tâche sombre et sale sur la surface de la terre. Lentement j’ai laissé mon être glissé dans la torpeur, le déni de cette réalité morbide et violente dans laquelle j’existais. N’osant ni appeler à l’aide, ni encore moins laisser mon entourage voler à mon secours. Au nom de quoi ? Dis-moi, de l’amour ? De la peur d’être seule ? De l’opinion de la société sur moi ? Peu à peu j’ai oublié comment respirer, être une femme, je n’étais qu’une ombre…

Et puis un jour assise dans la pénombre je me suis demandée comment en je suis arrivée là, comment ai-je pu te laisser faire… J’ai alors pris conscience que je ratais quelque chose, je passais totalement à côté du sens réel de l’Amour. Oui parce que tu l’avais dénaturé, par ta violence : physique, verbale, psychologique … Cet amour divin que Dieu a eu pour moi dans le sein de ma mère, cet amour manifesté tout au long de mon parcours terrestre par ma famille et ceux qui m’estiment. Cet amour de femme intègre avec des valeurs, convictions et estime de soi. Toutes ses formes d’amour qui faisaient émaner de mon être la paix de l’âme, une raison de vivre.

Face à cette révélation abrupte, la colère envahit chacune des cellules de mon être. Oui je me mis en colère contre moi, pourquoi t’avais donné les clés de chez moi ? Comment avais-je pu te laisser me détruire ainsi. Je voulais disparaitre, arrêter d’exister. Et puis je me suis dit aimer n’est pas un crime, tu ne mérites juste pas d’être aimé.

Je prenais alors soudain conscience de « tes excuses » pour rendre réel cette violence : « Je te traites de cette façon parce que je crois que tu aimes ça. J’ai tort ? Je suis désolé », « Ta gueule pétasse, je t’ai dit que j’étais désolé »… Comment avais-je pu te regarder dérober le meilleur de moi sans mot dire ? Mais sérieux quoi qui es-tu pour me faire subir cela, vu que ma seule erreur a été de t’aimer tel que tu étais. Alors j’ai voulu me venger, te faire mal autant que tu m’as faite souffrir, te voir me supplier d’arrêter tellement cela aurait été insupportable.

Mais je ne suis pas comme toi, je refuse d’être comme toi ! J’ai un cœur pour aimer et non haïr, alors je refuse de me sentir coupable d’aimer. Ma plus grande revanche sur toi est le PARDON. Oui je te pardonne mais je n’oublie pas car je refuse que tu détermines qui je suis, mes actes et mes 0pensées, mon amour propre…Je choisis de laisser cet épisode de ma vie dans une ruelle sombre et malfamée de ton existence. Je refuse de m’emprisonner dans cette cellule de haine et de violence avec toi en m’engageant dans ce cercle vicieux de la vengeance, je choisis de me reconstruire et d’avancer…

Et puis finalement tu sais quoi, je te laisse volontiers mes anciennes affaires j’en achèterai de nouvelles et bien plus belles. Juste pour que tu te souviennes de ce que tu dénigrais, que tu prennes conscience de sa valeur, mais surtout que tu saches que jamais plus tu en trouveras de semblable parce que tu ne mérites pas pareil trésor… Et moi tel le Phoenix je choisis de renaitre, d’être une survivante et non une victime. Je choisis d’en parler afin d’aider d’autres femmes à se libérer de ce genre de relation pernicieuse. J’apprendrais à m’aimer tel que je suis avec mes forces et mes faiblesses, avant d’espérer être aimée par les autres… Ceci est ma promesse envers la vie, car ce n’est qu’après cette traversée du désert que je prends pleinement conscience de mon potentiel… LA VIE est MON CHOIX !

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Voilà je livre ce texte avec un chouya de retard (sourire : un savant mélange de procrastination et imprévus de connexion internet) après la journée mondiale des violences faites aux femmes. Ce texte est fictif toute ressemblance avec une tierce personne est fortuite. Je tenais surtout à partager ma vision du cycle par lequel passe certaines femmes victimes de violences mais surtout rappeler que le Pardon est avant tout pour soi-même et non pour l’autre, car en pardonnant nous prenons notre part de responsabilité dans ce qui s’est passé et nous clôturons ainsi un cycle de violence et colère dans notre existence.

Proverbe: « Le grand tort que nous avons, nous autres femmes, c’est, pour amant, de chercher toujours un homme que nous aimons, alors que la vérité serait d’en chercher un qui nous aime. »

Tootoone
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